La légende de Beaumont en Hainaut
« Charles-Quint et les trois Auvergnats »

Les 2, 3 et 4 octobre 2020

Contact: info@legende-beaumont.be - Dernière mise à jour: Le 02/02/2017

Le Serment Royal des Arbalestriers de Saint Georges

La plus ancienne de ces associations était le Serment des arbalétriers de Saint-Georges. Nous ne connaissons pas son origine; mais il existait au commencement du XIVe siècle.

Les confrères prirent part à divers concours organisés par d’autres serments du comté ; notamment a celui qui se donna à Valenciennes le 24 avril 1372[3].

Ce serment disparut à l’époque des guerres de don Juan, dans la seconde moitié du XVIe siècle. « La dite confrairie, dit un ancien registre, at un fort beau collier d’argent doré où sont les armoiries de feu monseigneur le duc de Croy, lequel collier et oiseau a été donné par iceluy à la dite confrairie Saint-George, l’année qu’il fut Roi d’icelle, l’an 1561. Et comme du depuis la dite confrairie Saint-George est allée à néant, mon dit seigneur a donné alors le collier et oyseau à la dite confrairie Saint-Laurent , laquelle l’a toujours tenu en sa possession. Et sy appartient aussy à la dite confrairie une enseigne de taffetas rouge, blanc et jaune, avec un tambour et une casaque violette, pour leur serviteur. »
(Description de la Ville et du Comté de Beaumont, éditée par E. MATHIEU dans Annales du Cercle Archéologique de Mons, t. 15, Mons, 1880).

Ce collier, véritable chef-d’œuvre d’orfèvrerie à présent revenu à la Confrérie, porte le millésime 1561 et se compose d’une chaîne formée d’un grand nombre de médaillons sur chacun desquels on lit :

J’Y PARVIENDRAI CROY.
RAISON LE VEULT HALLEWIN.


Il rappelle donc les devises des donateurs, Philippe de Croy et Jeanne de Hallewin.Une médaille d’un travail grossier est appendue à un des chaînons; elle offre à l’avers l’image de saint Laurent et au revers cette inscription :

CETTE MÉDAILLE A ESTÉ DONNÉE PAR LE SR. G. DUBOIS, R0Y 1713 ET 1714

Le Serment de Saint Georges fut rétabli en 1820; il possède un collier en argent avec trois médaillons, dont le premier offre la représentation de Saint-Georges, le second les armes de la maison de Caraman, le troisième porte cette inscription :

DONNÉ PAR M. LE C te MAURICE DE CARAMAN, G d MAITRE PROTECTEUR EN 1820, 1 ère ANNÉE DU RÉTABLISSEMENT DE CETTE CONFRAIRIE ÉRIGÉE EN LA VILLE DE BEAUMONT PAR SES ANCÊTRES.

En dessous de l’oiseau on lit :

CET OISEAU FUT DONNÉ PAR M. C. LAURENT, CONNÉTABLE, 1828.

BERNIER, Th., Histoire de la Ville de Beaumont, dans Mémoires et Publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, 4ème série, t. 4, Mons, 1879, p. 117-367.


[1] A.MUSIN « Justice et criminalité dans la prévôté de Beaumont (1398-1474) – Mémoire présenté en vue de l’obtention du grade de Licencié en Histoire,

Université catholique de Louvain, 2002-2003

[2] Registre des bourgeois de Beaumont, Archives communales de cette ville

[3] Essai sur l’organisation militaire de la ville de Valenciennes 1067-1780, dans les Mémoires historiques sur l’arrondissement de Valenciennes, publication de la Société d’Agriculture, etc. t. IV, p. 51 .


La ville de Beaumont posséda quatre associations armées, connues sous le nom de Serments. Ces associations rendirent de grands services à la ville et au seigneur, aussi obtinrent-elles des faveurs et des privilèges tout spéciaux.

Ainsi, les archers et les arbalétriers participaient à la garde renforcée lors des fêtes marchandes, de même que lorsqu’un danger menaçait : en 1443, des archers et des arbalétriers furent placés aux portes de Binche et du Plouy «pour doute des ecorcheurs ». Lors d’une exécution, une partie des membres des serments accompagnait le prévôt, l’autre partie assurant la garde à l’une des portes de la ville. Les confréries militaires aidaient aussi parfois le prévôt dans la poursuite et l’arrestation de malfaiteurs. A titre exceptionnel, elles pouvaient également seconder le tourier dans la garde des prisonniers. Elles prirent, en outre, part à la lutte contre les Gantois avec Philippe de Ternant.[1]

Parmi les privilèges dont ces corporations jouissaient, rappelons d’abord que les confrères de Saint Sébastien et de Saint Georges étaient exempts du droit de bourgeoisie. Cette prérogative fut changée par ordonnance du 5 juillet 1714 : ils obtinrent en échange l’exemption de tout droit de maltôte et d’afforage sur une pièce de vin et sur deux brassins de bière par année; de plus, le roy de la confrérie était affranchi du logement militaire, quand il n’y avait pas plus d’un régiment en garnison dans la place [2] . L’oiseau se tirait tous les ans la veille de la fête communale. Les sociétés touchaient de ce chef sur la caisse de la commune : celle de Saint Sébastien , treize livres, celle de Saint-Laurent, dix-huit livres. La confrérie de Saint-Georges n’existait plus depuis la seconde moitié du XVII e siècle.


Miniature en noir et blanc issue de « Beaumont en cartes postales anciennes par Charles Clocherieux et Madame Sellière-Charon - Bibliothèque Européenne - Zaltbommel / Pays-Bas MCMLXXIV