La légende de Beaumont en Hainaut
« Charles-Quint et les trois Auvergnats »

Les 2, 3 et 4 octobre 2020

Contact: info@legende-beaumont.be - Dernière mise à jour: Le 03/02/2017

La tradition des gagnolets à Beaumont

Il est, à Beaumont, une tradition beaucoup plus ancienne encore que celle des macarons mais qui, malheureusement, tend à disparaître : les "gagnolets". Ce mot "gagnolet" a supplanté dans les archives à la fin du XVIIIe siècle l'ancien terme qui était "escaudi" (échaudé). C'est un pain circulaire dont la pâte rappelle celle de nos "cougnous" (galette fabriquée durant les fêtes de Noël). Ce pain, légèrement troué au milieu, est acheté chez le boulanger, béni l'après-midi du Jeudi Saint et distribué aux enfants qui passent une ficelle dans le trou afin de le pendre à leur cou.

F. Dumont (1), historien local maintenant décédé, avait décrit la bénédiction des gagnolets, célébrée en pleine crise révolutionnaire, en 1800.

"La représentation de la Cène, qui se faisait l'après-midi du jeudi Saint et s'accompagnait d'une distribution de vin et de petits pains bénits appelés "gagnolets" ou "échaudés" était une vieille coutume beaumontoise remontant pour le moins au XVe siècle. Le compte de l'Eglise de 1714 nous apprend qu'il y avait à cette époque deux espèces "d'escaudis", les grands à un patar la pièce et les petits, réservés aux "apôtres" et aux "enfants d'escolle". Cette coutume, ..., n'a cependant pas entièrement disparu. Il n'y a plus de représentation de la Cène, par conséquent plus "d'apôtres". Plus de distribution de vin. Mais les "enfants d'escolle" apportent encore au prêtre, qui les bénit, un gagnolet,..., plus ou moins percé en son centre, qu'ils ont acheté chez le boulanger et dont la pâte rappelle celle des "cuquelins" comme on appelle ici les "cougnous" de Noël. L'humble rite, aimé des enfants, aura montré plus de vitalité que les fêtes décadaires et les mariages républicains, la fête de la souveraineté du peuple, celle de la "juste punition" du dernier des rois et autres jeux, parfois sinistres, des grandes personnes".

 

Pour que ne meure pas la tradition, le Comité Charles-Quint, dès le cortège de 2005,  a fait accompagner le Mambour de la paroisse Saint Servais de quelques enfants ayant un "gagnolet" pendu au cou. Malheureusement pour eux, ils sont sensés attendre la fin du cortège pour dévorer à pleines dents ce délicieux petit pain.

 


(1) F. DUMONT, le canton de Beaumont sous le Directoire, dans Mémoires de la Société des Sciences, Arts et Lettres du Hainaut, 71e volume, 1958, p. 43.


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